dimanche 17 mars 2019

Départ de Jacaré sans Chanik

Bonjour à toutes et à tous,

Le 14 mars 2019, je pars de Jacaré laissant Fanch et Chanik dans la désolation.
La séparation est dure, nous sommes toujours partis ensemble depuis le Bono le 18 juin 2018, puis le Crouesty, Mindélo au Cap Vert, Jacaré au Brésil, Dover en Tasmanie et Dunédin en Nouvelle Zélande.
A chaque départ, nous prenions plaisir à nous observer, à nous mitrailler de photos à bavarder à la VHF, Chanik prenait souvent de la distance jusqu’à la NZ puis se fut le contraire, Alizés II voulait prendre sa revanche sur l’autre moitié du périple.

Fanch doit se faire opérer d’une hernie inguinale en France.
Désolé pour toi Chanik j’ai découvert une grosse fissure sur ton mât qui aurait pu mal se terminer, ton capitaine va remettre tout cela en ordre à son retour et tu vas pouvoir voguer à toute allure pour  nous rejoindre au Bono.
J’essaie de me mettre à la place de Fanch, ça doit être très dur à vivre de voir Alizés II continuer sa route, les adieux  étaient  pudiques avec beaucoup d’émotion.

Nous avions passé la soirée ensemble avec des voisins de ponton à fêter ce départ et les anniversaires, celui de Fanch est le 15 mars.
La vie est ainsi faite de moments forts, de déceptions et il faut trouver les ressources morales pour avancer.  

Nous concernant, j’ai une anecdote  à raconter : le 28 décembre 2018, 10 jours après notre départ de la  Nouvelle Zélande, Fanch m’indique son abandon, il faisait déjà route sur Auckland en NZ. 

La séparation avec sa bien aimée est à l’origine de cette décision, je lui indique immédiatement mon souhait de faire cet abandon ensemble avec les mêmes raisons hormis que ma compagne n’a pas fait cette demande, mais serait heureuse de me voir rapidement.
Tahiti est évoqué puisque un arrêt avec Navy en NZ est à oublier, finalement ma décision l’incite  à continuer la Longue Route.
Je serai peut-être un jour en partie responsable d’une séparation pour ne pas avoir laisser agir  Fanch tout seul.         

Il souhaite faire notre routage jusqu’à Bordeaux, c’est une façon pour nous de rester en contact quotidiennement.  

J’en profite pour remercier une fois de plus  toute l’équipe de la marina de Jacaré, Francis, Nicolas  et Jean Pierre, les responsables de cet endroit unique au Brésil.
Ils  nous ont réservé un accueil fabuleux, j’ai eu droit à mon gâteau d’anniversaire le 12 mars, nous avons raconté notre périple lors de ce repas conviviale à une petite trentaine de navigatrices et de  navigateurs, les rencontres sont toujours très enrichissantes.        

Je suis à proximité de l’Équateur, dans le Pot au Noir avec sa pétole, ses grains, ses étendues de sargasses avec quelques déchets plastiques dans ces algues et je vais récupérer les Alizés prochainement.

Sargasses et pétole
Nous avons parcourus 28100 mn soit 52000 km pour 228 jours de mer.

Alizés II est fragilisé par un génois réparé la détérioration de son bas hauban, de son mât, j’ai rajouté d’autres soutiens à Jacaré, il n’y a pas de quoi s‘éclater pour  finir le périple.  

Chanik, Chanik pour AlizésII !! Tu nous manques !

A très bientôt

Francis et Navy    

mardi 12 mars 2019

Arrivée à Jacaré au Brésil



Bonjour à toutes et à tous, 



Le 3 mars 2019, Fanch décide de s’arrêter à Jacaré à cause d’une hernie inguinale douloureuse et je décide de le suivre conformément à notre solidarité. 

Nous arrivons ensemble le 8 mars à la marina de Jacaré village ou nous avons un superbe accueil.

Entrée du chenal pour Jacaré 
Il y a 17 bateaux de la World Arc. Néanmoins, Francis, Nicolas, Jean Pierre et toute leur équipe arrivent à nous trouver très rapidement des places au ponton. 

Alizés II et Chanik au ponton à Jacaré 

Marina de Jacaré 
Je profite de cette escale pour sécuriser mon gréement fragilisé par la détérioration d’un bas hauban dont je conteste la qualité, pour preuve, il y a une légère aimantation sur ces câbles récents ce qui ne devrait pas exister sur de la matière inox. 

Par ailleurs, j’ai découvert des anomalies majeures sur le support d’étai du bateau de Fanch ne l’autorisant pas à continuer dans cet état. 

J’ai décidé de repartir le 14 au matin de Jacaré, je table sur 35 jours pour arriver au port de Bordeaux avec escale à Pauillac à cause de la marée. 

Nous avons eu un reportage de la principale télévision Brésilienne, en effet, nous n’avons pas terminé notre périple, cependant nous venons de faire un tour du monde de Jacaré à Jacaré, c’est une première au Brésil . 

Voici quelques chiffres pour ce parcours: 187 jours de mer, 23382 Nq à 5,21 nd soit 125 Nq par jour.



Francis et Navy 


samedi 2 mars 2019

Pétole dans l'Atlantique et petits soucis

Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes le premier mars 2019, nous venons de connaître une sérieuse pétole sur plusieurs jours.
Nous avions les pétoles du grand sud entre chaque dépression d’une durée moyenne de 12 heures, or celle-ci était  de 3 jours.

Je me croyais dans le Pot au Noir, ce n’est pas pire, nerveusement  c’est usant, le vent descend à 2 nd,   la grand voile n’est plus stable, il faut l’affaler et ce n’est pas mieux pour le génois ou je  laisse un petit bout de toile au cas ou des risées viendraient nous propulser à 2 nd de vitesse.
Le pilote automatique, n’a plus de cap, n’est  plus opérationnel et le régulateur d’allure n’a aucune efficacité hormis de le commander avec un petit PA.

Donc, il n’est pas impossible de dériver en marche arrière, nous ne sommes pas en course, néanmoins nous avons plaisir à avancer et de faire des moyennes de distances convenables.
La moyenne en distance sur cette dure période était de 65 mn 

Sur ces 3 jours, le scénario était invariable, le jour un tout petit vent pour atteindre une vitesse de 2nd, en soirée c’était le néant, il valait  mieux aller dormir et reprendre les commandes vers 5h du matin avant le lever du jour puisque une petite brise venait nous caresser le visage.  

Les lumières sont sublimes, il fallait mettre à profit cette grande zone de calme au large de Rio de Janeiro.

Couché de soleil au large du Brésil
J’ai tenté de trouver des solutions pour mon câble détérioré, j’ai fait le choix d’inverser les bas hauban afin de garder le meilleur sur le coté le plus sollicité dans les prochains jours avec les Alizés.
J’ai installé un câble de soutien depuis le mât jusqu’au ridoir inférieur, c’était du perçage, du taraudage  sous les barres de flèches avec une vingtaine de montées au mât pour finaliser le montage.
Il subsistait une petite houle qui a fait fléchir le mât lors des manipulations et il se retrouve avec une légère déformation sous la barre de flèche babord.

Ajout du deuxième câble de soutien
Hier en faisant une visite de routine autour du PA et RA je découvre l’existence d’un court-circuit provoqué par la présence d’eau dans le moteur d’aération, la connexion d’origine n’était pas protégée par un fusible et l’incident se situait à proximité des bouteilles de gaz.

Sinon le vent est revenu hier avec son lot d’orages et d’éclairs, c’était flippant d’être entourés de ces éclairs qui pouvaient atteindre Alizés II et détériorer toute les parties électriques et électroniques.
J’ai attendu dehors le passage de ce front menaçant et vers 1h du matin je suis aller manger et me  faire une première sieste.     
Comme quoi une catastrophe est vite arrivée en mer.

J’ai la crainte que le génois te tienne pas le choc, que d’autres câbles  se détériorent et le mât vient s’ajouter à la liste. 
Néanmoins, je garde le moral  sous  une chaleur de plus de 30 degrés, Navy cherche les endroits frais, il  perd beaucoup de poils et je le brosse 3 fois par jours.

Navy sur le frigo bercé par la gazinière
Je viens de pêcher ma deuxième dorade coryphène depuis la remontée de l’Atlantique, elle fait 1,2m pour 6 kg.

Nous sommes au prés serré en espérant arrondir et revenir un peu plus NE.
La distance parcourue  en 220 jours de navigation est de 26800 mn soit 49600 km.
Ma position est 18°24’ Sud et 35°24’ Ouest.

Merci aux donateurs pour la lutte contre le cancer 

A bientôt 

Francis et Navy    

jeudi 21 février 2019

Une journée à bord et ses petits problèmes techniques.


 Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes le 20 février, nous n’avons plus de dépression pour l’instant, nous venons d’avoir une grosse pétole et nous approchons du Brésil.
Le 17 février nous avons eu un coucher de soleil mémorable, c’était une splendeur de couleurs avec la venue de notre dernier albatros.

Vol d'Albatros au couché du soleil


Alizés II au couché du soleil


Un dernier couché de soleil avec l'Albatros

Nous retrouvons un certain quotidien à bord d’Alizés II : les sommeils de la nuit sont d’une durée de 1h30 à 3h, la météo conditionne le fractionnement puisque suivant la force et la direction du  vent il est nécessaire de faire des manœuvres.
Le seul risque pendant le sommeil est de rencontrer de gros bateaux, cependant des alarmes réagissent à leur approche.

Je vis au rythme du soleil, je me lève pratiquement comme lui, par beau temps c’est un régal  de le voir à l’horizon, c’est la découverte d’un nouveau jour.
Ma première occupation du matin est de faire le plein en nourriture et en eau au mousse à poils et lui changer sa litière.

Je télécharge des fichiers météo et je prépare 1/2 litre de café dans un thermos, prévu pour tenir jusqu’au repas de midi.
Le petit déjeuner est composé de pain, de confiture ou de beurre, il est  avalé en deux fois, le réveil étant vers 5h du matin il faut tenir jusqu’à 12h-13h.

J’étudie minutieusement la météo et le routage sur 2 et 7 jours, parfois c’est un véritable casse tête  pour s’éviter de la pétole.

Puis les bricoles commencent, après les grosses dépressions, il y a eu un peu de casse, il faut aussi  chasser l’humidité, la chaleur extérieure à 30° et le soleil sont vraiment les bienvenus.

Le repas de midi se prépare et se savoure, n’ayant aucune table, je mange toujours debout, puis je fais une bonne sieste, je regarde en permanence  la bonne marche du bateau, observe les évolutions et étudie les prochaines manipulations de voiles, parfois on peut rester 24h sans modifications majeures.

Je veille sur Navy, le rappeler à l’ordre quant-il lui prend l’idée d’aller sur le pont, de sauter de la capote à la bôme ou de se cacher dans les ris de la grand voile.
Nous passons un peu notre temps à nous observer.

Il y a des échanges de messages avec mes proches et avec Fanch, ils nous arrivent de nous contacter à la VHF parfois suivant nos faibles écarts.
De temps en temps, je mets un film sur l’ordinateur ou fait de la lecture, le traditionnel thé avec gâteaux est pris en milieu d’après-midi. 

Arrive, le soir avec son repas, je viens de pêcher une dorade coryphène de 5 kg, elle sera dégustée crue avec sauce soja.

Dorade Coryphène juste sortie de l'eau

Mauvaise nouvelle du jour, le câble bas hauban tribord se détériore, 2 brins de cassés, il participe à la tenue du mât.

Câble le bas hauban tribord endommagé
Je dois confectionner des supports, utiliser un des câbles de mon gréement de fortune et je vais inverser les câbles sachant que l’amure la plus utilisée sera celle de tribord.
J’avais déjà alerté au Cap Vert le professionnel qui avait fourni et monté ces câbles, d’une présence d’oxydation et avait fait part de mes craintes sur leur fiabilité.
Il faut espérer que les autres câbles tiennent jusqu’à l’arrivée, c’est encore à la grâce de Dieu.

J’ai parcouru 26000 mn soit 48152 km en 211 jours de navigation.

Je garde le moral et espère de la contribution à la recherche contre le cancer via mon blog.

Bravo à Suzanne qui vient d’arrêter son périple en Tasmanie après avoir repassé le Cap de Bonne Espérance et le Cap Leeuwin.

A très bientôt, 

Francis et Navy   

mardi 12 février 2019

Début de l'Atlantique


Bonjour à toutes et à tous,

J’ai sous-estimé l’océan  Atlantique pensant avoir subi les pires conditions, je m’imaginais une remontée tranquille or la dernière dépression vient de démontrer le contraire, rafales à 45nd et vagues  déferlantes de 5 m.

Il y a eu des moments difficiles ou je me demandais si j’étais à bord d’un bateau ou d’un sous-marin à se faire submerger fréquemment par les déferlantes, les fixations du four solaire n’ont pas résisté, un capot d’aération du moteur a été arrachée remplissant toutes les grosses gaines d’évacuation d’air et dans cette situation nous avons aussi plein d’infiltrations d’eau à divers endroits.


Rupture de la fixation du four solaire et absence de capot d'aération à tribord (trous noirs)

Dans ces conditions, il est impossible de cuisiner, seule la bouilloire était utilisée pour l’eau chaude dans les soupes déshydratées.    

Cette dernière dépression valait celle du grand Sud, puis le beau temps est revenu avec un manque de vent et une  houle résiduelle mais cela a permis sous le soleil avec les albatros de réparer les dégâts et de faire une visite de contrôle en haut du mât.


Vue depuis le haut du mât

En plus des dommages liés aux dépressions, l’usure du matériel augmente au fur et à mesure, j’ai du fabriquer des entretoises et d’autres fixations pour l’hydrogénérateur, réviser le démarreur qui a pris l’eau et revoir toutes les aérations situées trop basses sur le tableau arrière.

J’ai souffert du froid même si j’ai un  chauffage à air pulsé, mais j’ai toujours hésité à le mettre en fonctionnement, puisque le but n’est pas de brûler du gazole et de polluer, donc sur les 340 l de carburant seuls 40l ont été consommés.

Les températures les plus basses en extérieur étaient de 6° pour 9° à l’intérieur, une fois sous la couette, j’étais bien avec  la bouillotte Navy.
Heureusement le thermomètre augmente de jour en jour.  
Le mimi est en pleine forme.

Nous sommes le mercredi 13 février 2019, sous une autre dépression un peu moins violente, à 203 jours de navigation, 57 depuis la Nouvelle Zélande et avons parcouru depuis le départ 25000 mn soit 46300 km. 

Je suis à moins de 2 mois de l’arrivée. 

A très bientôt 

Francis et Navy

mercredi 6 février 2019

Le Cap Horn


Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes le 3 février 2019, il est 13h30 UTC soit 14h30 pour vous, je viens de passer le Cap Horn.
Ma trombine au passage du Cap!!!
Les conditions météo sont mauvaises, je ne peux pas m’approcher du rocher et la visibilité est très réduite.

Le Cap Horn est mythique, difficile et magique, je sens sa présence, sa puissance, il est à une vingtaine de kilomètres.

Nous avons parcouru 44000 km et 193 jours de navigation pour cet instant extraordinaire.
Le Cap Horn est le clou du spectacle, j’aimerai m’immobiliser, remplir mes poumons à ne plus les vider de cet air si particulier.
C’est une porte spirituelle s’ouvrant sur une nouvelle réflexion de la vie, c’est une partition de musique qui prend fin pour une nouvelle mélodie.

J’ai  une pensée pour Bernard Moitessier qui avait fait le choix de fuir, de ne pas revenir à la civilisation avec sa célèbre phrase « Je veux sauver mon âme ».
Même si j’en avais les moyens techniques,  quel est en 2019 l’endroit idyllique pour ne plus subir toutes les contraintes de ce monde ?
Je l’aurai fait éventuellement pour le cancer, cependant jusqu’à ce jour le compteur de dons évolue peu et ce serait pure folie de faire encore un demi tour du globe.

Les dépressions se succèdent avec toujours le même scénario d’une crainte de chavirage, nous avons  été encore couchés plusieurs fois et mon fidèle compagnon résiste vaillamment aux assauts des vagues.

Je remercie tous les encouragements connus et inconnus, je remercie Fanch de m’avoir accompagné  pendant les caps australs.

J’ai une pensée pour ma chère maman et tous mes proches.

Merci au tout puissant d’avoir maintenu l’étincelle de l’espoir aux pires moments.

Le périple n’est pas terminé, il reste 7500 mn théoriques soit 15000 km réels minimum avec une arrivée début avril.
Les péripéties seront encore de mise, tout peut arriver en navigation.   

Au moment ou j’envoie cet article j’approche des îles Falkland et l’Altantique nous fait un bel accueil sous le soleil avec  les albatros.




Vols d'Albatros au couché du soleil
 Bravo à Mark Slats de la GGR pour son arrivée, leur épreuve est un exploit du premier au dernier.

A très bientôt 

Francis et Navy  

mercredi 30 janvier 2019

L'approche du Cap Horn

Bonjour à toutes et à tous en approche du Cap Horn ,

Mon précédent article commentait une dépression dans le Pacifique, je ne pensais pas connaître le pire et ce fut le cas le 29 janvier.

Nous étions déjà sur une série de dépressions depuis les malheurs de Sébastien qui est sain et sauf sur un cargo.
En tant normal , nous aurions zigzagué pour s’éviter une fois de plus les mauvaises conditions météo, cependant le but est de passer le Cap Horn, il n’y a plus d'échappatoires.

Au début des prévisions il était annoncé des vagues ne dépassant pas 6,5 m avec rafales à 45nd.
Or la nuit et la journée du 29 furent très éprouvantes, les rafales ont facilement atteint les 45 nd avec des vagues de 7 à 8 m.

Le spectacle est toujours grandiose avec la crainte constante d’un chavirage, nous sommes vent arrière, le vent est irrégulier, il passe de 30nd à 45nd en très peu de temps, je n’ai que 4m² de toile sur la trinquette et même sans voile Alizés II avance à 4 nd.
Entre un vent irrégulier et le mouvement des vagues nous sommes entre 120 et 180 du vent avec risques d’empannages.

Au petit matin du 29 je tente de m’allonger dans la cabine, nous avions été couchés gentiment à plusieurs reprises.
Je soupçonnais des réglages à faire, au moment où je me redresse je suis propulsé contre la penderie, Alizés II est à 90° de la verticale avec le risque d’avoir le mât dans l’eau.   
L’incident ne dur que quelques secondes et Alizés revient à la verticale complètement secoué le pauvre.
A l’intérieur c’est un grand désordre dans le carré et dans l’autre cabine tribord, même des choses maintenues par un filet sont passées au-dessus.
Je m’empresse d’observer l’extérieur, le jour commence à ce lever donc pas facile d’avoir une idée précises des éléments mais à premières vue il ne manque rien et le gréement va bien.

Alizés II dans des vagues de 8m
Nous venons de connaître un mini chavirage sans gravité, juste une sérieuse dose d'adrénaline.
Je suis resté forcément très tendu jusqu’à l’accalmie de l’après midi.
Il est bon de retrouver le calme avant d’autres dépressions, au moment ou je vous écrit nous sommes à 540 mn soit 1000 km  du Cap Horn.

Il sera franchi dans la journée du 3 février, l’endroit est mythique géographiquement, pour moi c’est une porte spirituelle menant vers un retour avec pleins de réflexions.  

Le Navy passe son temps sous la couette, il est toujours en pleine forme et côté lumbago il subsiste encore un peu.    

Ma position actuelle est: 52°43’ Sud et 80°44’ Ouest avec 23220 mn soit 43000 km de parcourus en 190 jours de navigation,

Toutes mes félicitations à Jean Luc  Van Den Heede qui vient de boucler en vainqueur de la GGR son tour du monde à 73 ans, c’est un grand bonhomme!                   

A très bientôt à toutes et à tous 
Francis et Navy