lundi 19 novembre 2018

Solidarité et Fraternité


Bonjour à toutes et à tous

Je tiens à insister sur ces deux valeurs, elles symbolisent des décisions prisent avant le départ.
Au début de mon inscription en février 2017, nous avions décidé avec mon ami Fanch de faire ce périple en s’aidant mutuellement dans le partage des informations météo, du routage et surtout l’entraide dans les difficultés.
Nous nous connaissions déjà au sein de Voiles Sans Frontières, ONG intervenant pour des missions de solidarité au Sénégal, nous avons participé l’un comme l’autre à des interventions dans le Siné Saloum avec nos bateaux et parfois sans nos fidèles compagnons des mers.

La fraternité, union et amitié fraternelle, liaison étroite permettant de se traiter comme des frères, nous a permis de nous accorder à cette aide mutuelle ou les premiers petits problèmes sont intervenus au Crouesty et avons attendu de tout régler pour partir ensemble de ce port.

Nous échangeons tous les jours sur la météo, les conditions de routage, les diverses informations connues par l’un ou par l’autre et ma fille Elodie fait aussi le lien avec Fanch sur les dépressions, diverses infos et nous avons été gâtes dans l’océan Indien.
Cette solidarité nous a permis un premier arrêt au Cap Vert pour des problèmes techniques sur Alizés II, puis un deuxième au Brésil concernant des avaries sur Chanik, le bateau de Fanch.

Des problèmes de voiles m’ont contraint à un arrêt en Tasmanie et nous allons devoir faire encore un arrêt en Nouvelle Zélande puisque le génois de secours ne tient pas le choc et il commence à se déchirer, pourtant il avait été révisé avant le départ.
Nous allons trouver un port et un bon professionnel pour remettre ces génois en état et continuer la route sans ces problèmes récurrents de ces derniers jours.
Nous avions affalé la trinquette en Tasmanie, je lui fais des coutures quotidiennement et je pensais la remettre par temps calme.
Or nous sommes proches de la Nouvelle Zélande et la météo est difficile depuis deux jours et cette nuit et demain seront peut-être nos pires moments de navigation de l’océan Indien.

Nous allons avoir des rafales à 45n soit 84 km/h, des vagues de plus de 5m et le plus compliqué c’est d’avoir ces conditions de face.
De plus une grosse dépression s'annonce l'une des plus sévères nous barre la route, nous attendront donc un peu avant de nous lancer dans le Pacifique !

Une fois de plus j’ai sollicité Elodie pour qu’elle nous trouve un endroit pas trop éloigné de notre route pour faire escale avec Fanch.

Je n’avais pas eu le temps de transmettre certaines photos sur le dernier article, celle de dessous représente les anatifes d’une quinzaine de centimètres collés surtout en partie arrière de nos bateaux décapés par Fanch en Tasmanie. Nous aurions pu les consommer en salade mais pas sûr de la qualité gustative avec le produit de protection de coque à proximité.

Anatifes récupérés sur la coque

Mon arrêt en Nouvelle Zélande risque d’être compliqué vis à vis de Navy. Les autorités sont très pointilleuses sur le suivi médical de l’animal et il n’est pas vacciné contre la rage puisqu’il fallait le faire dans les quarante jours avant notre arrivée et l’arrêt de force majeur n’était pas prévu.
Heureusement, Fanch maîtrise mieux que moi l’anglais et les échanges vont être nécessaires pour s’éviter si possible la mise en quarantaine de Navy.

Fanch sur son bateau au départ de la Tasmanie

Notre escale ne dépend que du délai de réparation des voiles par le professionnel.
Sinon à bord, les températures descendent, le matin il fait 13 à 14° à l’intérieur et à l’extérieur elle est en moyenne de 12°.
Etant sensible du froid, c’est collant, pantalon de ski, sous-vêtements chauds, polaire et veste de quart avec le bonnet de temps en temps.

Francis à la table à carte

Navy va toujours bien, il se protège du froid et du roulis en se mettant sous la couette ou sous le duvet.

Navy sous la couette
En conclusion de cet article, j’estime que nous avons une énorme chance d’avoir de tels partages avec Fanch, c’est aussi une particularité de cette Longue Route et une leçon de vie à nous tous et plus encore aux terriens qui prennent de la distance avec ces valeurs.

Position du jour  : 45 44S et 161 33E
Distance depuis le départ : 16108m soit 29830 km et 134 jours de mer  


A très bientôt à toutes et à tous
Francis et Navy

lundi 12 novembre 2018

Détérioration du génois et arrêt en Tasmanie


Bonjour  à toutes et à tous,


L’article est consacré à la détérioration du génois, grande voile d’avant sur enrouleur ayant entraîné un arrêt en Tasmanie.


Rappel des faits:  

Nous sommes le 06/11/2018, à 350 m soit 650 km du bas de la Tasmanie, une dépression prévue arrive en début de matinée, il est 23h UTC (avons 10h de décalage avec la France), le vent commence à monter, le baromètre dégringole à 998 hPa.
Je suis au portant, vent arrière à 150° sur génois uniquement déjà réduit à un équivalent de 2 ris et je m’apprête à l’enrouler complètement pour le remplacer par la trinquette également sur enrouleur.
Au moment où je commence à manipuler le winch, une rafale de plus de 40n vient s’engouffrer dans le génois, tendre très sérieusement l’écoute bâbord (bout permettant de le tenir tendu depuis le cockpit), cette écoute devient soudainement libre et je vois partir le génois sur l’avant claquant violemment et lors de l’enroulement de la voile je constate avec stupeur qu’il est déchiré sur 3 m depuis le point d’écoute.
Dans la panique générale, la voile s’enroule mal, une poche se forme en hauteur.
J’envoie un peu de trinquette pour donner de la stabilité, il commence à pleuvoir violemment et au fur et à mesure des minutes la poche du génois prend de l’ampleur et ses claquements donnent de grands soubresauts au bateau.
Je tente d’utiliser la drisse du spi pour l’enrouler autour du génois afin de réduire cette poche, malheureusement, la dépression est arrivée, le vent établi est de 30n avec rafales à 40n.
La mer est formée et les vagues font plus de 6m sous les rafales, imaginez moi à la proue du bateau au pied de l’enrouleur à vouloir faire plusieurs tours avec une drisse de spi.
Je pense faire plusieurs tour aussi à l’enrouleur pour réduire cette poche, les claquements sont intenses, l’ensemble de l’enrouleur bouge énormément sous les rafales.
Nous sommes couchés deux fois à la limite des barres de flèche par des déferlantes. Résultat de l’opération, je n’arrive pas à réduire la poche du génois et j’ai coincé sérieusement l’enrouleur.
Je passe un moment infini à retirer la drisse de spi qui reste un peu coincée en haut et je reprends toute la drosse de l’enrouleur afin de faire une manœuvre de dernière chance, c’est à dire de dérouler le génois et de l’enrouler sous tension.
Lors de cette manipulation, je dois aussi manœuvrer avec la drisse de spi qui se bloque par moment et  empêche la rotation du tambour.
Ayant déroulé et enroulé le génois sous tension, j’ai réussi à supprimer la poche et l’enrouleur est stabilisé.
Toutes ces opérations ont duré 4h, je voyais les déferlantes arrivées, des murs de vagues gigantesques, évidemment c’était plus impressionnant que d’habitude étant sur le pont attaché.
Je dois  trouver un endroit calme pour remplacer le génois, prendre celui de secours, l’arrêt en principe est prévu en Tasmanie à Dover.


Conditions après la tempête plus de génois mais trinquette.

                                                



Fanch a pris la décision de m’accompagner pour m’aider, Elodie nous a trouvé cet endroit ou nous serons au mouillage sans descendre à terre. 




L’origine de cette avarie provient d’une négligence de ma part, en effet, le nœud de l’écoute a niveau de la voile a glissé au point de se défaire, un contrôle plus sérieux aurait éviter de se retrouver avec une voile déchirée en espérant que les tubes de l’enrouleur et l’étai ne sont pas endommagés.
J’ai eu mal pour Alizés II, je pensais un moment ne pas pouvoir trouver de solution avant un apaisement de la météo.
Je suis rentré dans le bateau transi de froid en n’ayant pas mangé et il m’a fallu 2 h pour me réchauffer et retrouver un peu de sérénité .
La dépression est passée et j’ai réussi à limiter les dégâts, j’ai mis la trinquette dont la voile est légèrement endommagée par la déchirure du génois, ce fût une dure journée.




Arrêt en Tasmanie  
Le 10/11/2018, à 6h UTC du matin j’arrive à Dover en Tasmanie accompagné des dauphins, Fanch est déjà présent au mouillage depuis 42h ayant eu une avance de 200 mn sur moi.



Comité d’accueil en Tasmanie 


Le lendemain matin, nous déposons le génois déchiré.

Génois déchiré


                                              

Je fais une inspection de tout l’enrouleur du génois depuis le haut du mât



Port Espérance, Dover




L’enrouleur et l’étai n’ont pas d’anomalie apparente
Je remplace juste 2 rivets sur la ferrure de l’étai de trinquette au niveau du mât



La trinquette est déposée et je constate que la bande UV est endommagée sur 5 m, il faut faire de la couture, je dois y consacrer de nombreuses heures pour le faire, elle est donc remisée dans la cabine avant et je ferai l’intervention en mer.



J’en profite pour remplacer une vanne sur le vérin du pilote automatique et vérifier les charbons du moteur électrique.



Je découvre que mes coffres latéraux de cockpit sont plein d’eau de mer, je ne les avais pas ouvert depuis plusieurs jours et ils ont été remplis lors de déferlantes venues envahir complètement le cockpit  dans les deux dernières dépressions. 



Je rééquilibre les pales de l’éolienne et Fanch décide de gratter les coques des 2 bateaux pour enlever les anatifes de plus de 15 cm biens collés dans la partie arrière de la coque. 



Je le remercie beaucoup d’avoir fait cette opération dans une eau de 13° dont je ne souhaitais pas affronter le froid.



Fanch en plein nettoyage de Chanik



Après une étude météo nous avons décidé de partir le 12 à 19h UTC afin de se trouver juste derrière une dépression et nous serons au niveau de la Nouvelle Zélande le dimanche 18 novembre.



Nous avons profité de cet arrêt pour fêter dignement à la la fois le passage du Cap Leeuwin et la moitié du parcours.



Par ailleurs, cet arrêt nous a fait du bien même si nous ne sommes pas aller à terre, nous avons profité de repos et nos sommes ressourcer pour finir  ce périple.    



Nous sommes à la position 43°19’ Sud et 147°01’ Est et avons parcouru 15380 m soit 28484 km  depuis le Bono.



Nous en terminerons avec l’océan Indien à partir de la Nouvelle Zélande et allons découvrir le Pacifique en espérant d’avoir un peu moins de dépressions. 



A très bientôt à toutes et à tous   



Francis et Navy                                    

lundi 5 novembre 2018

Nourriture sur une durée de 7 à 8 mois de mer


Bonjour  à toutes et à tous,

L’article est consacré à la nourriture. Il n’a pas été facile d’estimer la quantité  sur la durée de la navigation estimée entre 7 à 8 mois de mer.
Un casse tête s’est vite imposé avant le départ, lyophilisé ou pas et voir la quantité à prévoir avec ce type de plat.

Une étude préalable prévoyait 600 repas sachant que dans le grand Sud le besoin de calories est supérieur à cause du froid.

J’ai visité la société Lyophilisé.fr à Lorient, la responsable a été de très bons conseils étant les fournisseurs principaux des grandes courses comme le Vendée Globe.
Avant une éventuelle grande commande, j’ai acheté une douzaine de plats, une telle nourriture à la base représente peu de poids et elle est vite préparée, un peu d’eau chaude versée dans le sachet et  la consommation se fait quelques minutes après.
J’ai donc testé, j’ai trouvé les viandes et les poissons dans leur garnitures trop secs, le problème ne provient pas du produit par lui même, c’est surtout moi qui ai un handicap, en effet, la radiothérapie au niveau de la gorge a altéré très sérieusement des glandes salivaires et j’ai perdu par la même occasion des bridges.

Donc, la difficulté de mastication  et l’absence de salive m’obliger de manger des aliments tendres et très humides.
J’ai décidé de renoncer aux produits lyophilisés à part quelques  pâtes aromatisées.

J’ai emmené beaucoup de conserves avec une préférence pour la choucroute, j’ai quelques bocaux faits maison plus précisément de Marie ma belle sœur qui m’a préparé également un jambon dans le sel et le poivre pendant des mois et je l’ai découpé et mis sous vide avant de partir.

Par mon amie Béni, d’origine espagnole, j’ai 10 poches de calamars de 600 gr à l’encre pouvant se conserver des mois ainsi que des boites de beurre pour mes tartines du matin.

Je prends plaisir à me préparer les repas avec les différentes garnitures dont les principales sont les pâtes (coquillettes) riz, semoule, purée, boulgour, quinoa, lentilles, perles, ratatouille, champignons de Paris, salsifis, haricots verts.
A ces garnitures j’y incorpore du jambon sous vide et en boite, calamars, sardines, maquereaux, saucisses, gésiers, langue de porc.

J‘avais mis dans le sel du porc et du bœuf, ces derniers ont été terminés au début de l’océan Indien. 
En conserves sans préparation, bien-sur, la choucroute accompagnée d’une bière, le cassoulet, les raviolis, petit salé, lentilles saucisses.

Pour les petits déjeuners, je fais un pain tous les 4 jours puisque en règle générale il n’est pas utile d’en manger surtout avec du riz et des pâtes et les tartines comprennent du beurre, du miel ou  de la confiture.
Le muesli est prévu pour les jours de forte houle.

Je fais des desserts, riz au lait, flans et puis  un petit bonheur, le chocolat avec petite tartine de pain.
C’est sec pour moi mais savoureux à déguster.

Nous avons eu la chance pour tous les participants de la Longue Route d’avoir eu une dotation gratuite de produits bio en chocolat et café par la Sté GRAIN de SAIL et du thé bio également par les Jardins GAÏA.

Pour fêter le passage des caps et les événements de fin d’années, j’ai du champagne et des boites de foie gras.

Pour déguster le thé et les chocolats chauds j’ai des variétés de gâteaux et de barres énergétiques.

En protéines, je prends des cachets de spiruline et des graines de Chia parsemées dans la nourriture.

Dans toute l’étude de cette quantité de nourriture n’était pas prévu la pêche et j’ai eu de la chance d’avoir des poissons de bonnes tailles, les derniers: un thon de 35kg et un autre de 25kg.
Le premier a été mis en grande partie dans le sel et l’autre partie dans du sous vide.
Le dernier a été mis exclusivement dans le sous vide que j’ai mangé cru avec sauce soja jusqu’au dernier sachet et c’était un pur délice.
J‘ai un tout petit appareil pour la mise sous vide de faible consommation d’énergie.

Je fais de la germination avec diverses graines afin d’avoir un peu de verdure.

Globalement, arrivé au 3/4 de l’océan Indien, j’ai consommé qu’une quarantaine de conserves en boites grâce à la pêche régulière dans l’Atlantique mais qui est quasiment inexistante dans le Sud.

Concernant l’eau, elle est produite par un petit dessalinisateur à faible énergie d’une capacité de 5,7 par heure et la consommation journalière est de 4 litres soit une production de 488 l depuis le départ et je récolte un peu d’eau de pluie par le four solaire.   

Le prochain article sera consacré au traitement de nos déchets.

Concernant nos conditions de navigation, nous avons subi une dépression de 2 jours avec rafales de  40n et une houle de 6m.
Un dilemme vient de se poser pour le passage de la Tasmanie, soit le faire par le Sud ou le Nord, en pareil cas c’est la météo qui est déterminante.

Par rapport à ma position du 03/11 j’allais me retrouver avec des mauvaises conditions dans le passage Nord les 10 et 11 novembre et j’ai pris la décision de passer par le Sud.
Un coup de vent arrive le 6 pour quelques heures et une houle de plus de 5 à 6 m va suivre, cette situation est probablement mieux gérable que par le Nord.
Néanmoins, les conditions sont très changeantes, il faut être très vigilant et Elodie me donnera les tendances à venir.

Le 04/11/2018 à 22h UTC soit 1h de moins que vous à la position 39°58’ Sud et 134°15’ Est,   j’ai 122 jours de navigation et parcouru 14600 m soit 27000 km.

Navy va très bien, il mange beaucoup, en majorité des croquettes variées, des petites boites de mousseline et des sachets de viandes et légumes.  


Sachets de thé les jardins de gaïa


Sources de protéines spiruline et chia

Pain maison

Tablette de chocolat et café grain de sail

Graines à germer
A très bientôt à toutes et à tous               



lundi 29 octobre 2018

Comment faire un don?


 Voici quelques explications sur la méthode à employer pour faire des dons.

Tout d'abord, cliquez sur le pavé "ligue contre le cancer".
Vous allez alors être redirigé vers le site helloasso :


 Cliquez sur faire un don.
Choisissez ensuite le montant que vous désirez donner,vous avez 5 propositions de 20€ au montant de votre choix :


A noter que vous pourrez déduire 66% de vos dons, dans la limite de 20% de votre revenu imposable.
Par exemple, un don de 100€ ne vous coûtera que 34€.

Renseignez ensuite votre identité, en particulier pour bénéficier de l'avantage fiscale et acceptez les en bas de pages l'utilisation des données.

Validez votre paiement.


Il ne vous reste plus qu'à choisir le type de carte que vous utilisez. Puis, indiquez le numéro de carte, sa date d'expiration et le cryptogramme (code de sécurité situé à l'arrière de votre carte).
Certains banque vous enverrons un code pour valider le virement.


J'espère à que toutes ces informations vous aiderons à y voir plus clair.
Cependant si vous avez la moindre questions voici  l'adresse de Francis sur  laquelle vous pouvez les poser :

alizes2@iridium.net
Merci à tous




Réflexions et motivations

 Bonjour à toutes et à tous,

Je suis ce dimanche à la position 39°34’ Sud et 115°08’ Est et je viens de franchir le cap Leeuwin en Australie. 
Je remercie chaleureusement toutes les personnes pour leurs témoignages, c’est agréable de découvrir ces messages dans l’immensité des océans.
J’arrive bientôt à la moitié du périple, c’est vraiment une grande réflexion sur la vie.  

S’inscrire à cette aventure demandait une sérieuse motivation et je rends hommage à tous les participants de la Longue Route et de la GGR.
Sans le cancer je n’aurai pas eu la force de le faire, le destin en a décidé autrement.
A la découverte de la maladie en décembre 2016, je n’étais pas opérable et le cancer de la gorge était soit disant à un stade avancé au point ou je ne pouvais pratiquement plus ouvrir la bouche.
Rien d’encourageant pour l’avenir, j’ai eu un soutien extraordinaire de mes enfants et de ma compagne.

Une de mes filles Clémence a délaissé son copain lors d’un séjour au Bélize pour venir habiter avec moi pendant tout le traitement.

Néanmoins, malgré tout ce soutien l’esprit gamberge avec du négatif de temps en temps, il manquait  une sérieuse motivation.
Lumière inespérée, au début de mon lourd traitement, mon ami Fanch m’informe de son inscription à la Longue Route.
Il me faut 24h de réflexion sans en parler à personne et je m’inscris à ce tour du monde.
Mon esprit était alors occupé 24h sur 24 concernant la préparation du périple et j’étais persuadé que ce serait une aide significative à la rémission du cancer.
La chimiothérapie et la radiothérapie n’étaient plus qu’une formalité et les effets négatifs passaient au second degré par rapport à mon implication mentale à la L.R.

Après avoir récupéré Alizés II en Martinique, la rémission est confirmée en août 2017.
Rémission ne veux pas dire guérison mais c’est en bonne voie.
Le but de mon périple est d’encourager, de témoigner sur l’espérance de vie après un cancer et de promouvoir des dons pour la recherche à ce fléau qui nous touche à tous.

Ce fléau avait touché ma maman, elle en est décédée 1992, ce fût ma sœur en avril 2017 et de nombreuses autres personnes proches et connaissances.

L’idée de ce périple a été une véritable bouée de sauvetage, j’insiste à dire que les motivations les plus folles sont à prévoir pour tous les patients atteint d’un cancer.
J’entends le docteur De Mones del Pujol imminent spécialiste ORL au CHU de Bordeaux qui m’a suivi,  me dire que nous ne sommes pas tous égaux devant la maladie, je partage ce point de vue, cependant il faut des témoignages, des encouragements, des accompagnements avec de sérieuses motivations pour s’en sortir.

Que ce périple apporte de l’espérance à de nombreux malades.  

De ce lourd traitement, des séquelles subsistent, mais j’ai la chance de vivre et de savourer chaque seconde.
La vie pour moi a pris un autre parfum, mon environnement actuel est un enchantement malgré quelques craintes de temps en temps.

Je suis seul dans cette immensité, sans contraintes en toute liberté d’actions et de pensées à admirer les oiseaux, les corneilles du cap et les grands albatros qui viennent survoler Alizés II.
J‘admire cette mer pleine de surprises, très changeante avec des formes de vagues infinies et des couleurs admirables, surtout quant-elle décide de montrer sa puissance.
J‘aime prêter l’oreille au vent où chaque sifflement correspond dans le gréement à différentes forces dont j’en connais la mesure sans regarder les instruments.
Ce ciel parfois offre un soleil régénérant, Navy aime passer des heures sous la capote à profiter de cette chaleur.

J‘échange régulièrement avec mon ami Fanch et je viens de lui dire que j’aimerai sauvegarder et ne rien perdre dans mon disque dur interne de tous ces moments de bonheur sur l’eau.   

Néanmoins, je suis impatient de revoir ma compagne, mes enfants, mes petits enfants dont je ne pourrai pas assister à la naissance du dernier celui d’Elodie et de Vincent. 

Je tente d’élaborer un après, d’espérer une vie en toute simplicité en symbiose avec la nature, même si je venais à ne plus faire de bateau, j’ai besoin de paix, de sérénité, d’être proche de la décroissance, de respecter cette pauvre terre si mal traitée dont nous mettons trop de temps à réagir à toutes les dégradations liées à la folie humaine.              

Que ce périple apporte de l’espérance à de nombreux malades et qu’il puisse porter une pierre à l’édifice de la protection de l’environnement.  

J’espère, à la grâce de Dieu, aller jusqu’au bout de cette aventure.  
Il reste 17 semaines environ et vous aurez régulièrement des articles sur notre vie à bord et mes ressentis. 

J’ai eu un problème sur les tubes de l’enrouleur de trinquette, une des liaisons avait beaucoup de jeu et il fallait démonter toute la partie inférieure  reliée au pont.
Je pensais faire cette opération au calme en baie de Horbart en Tasmanie, hors le samedi 27, les  conditions météo ont permis de faire l’opération, il n’y avait que 2,5m de houle et un petit crachin de temps en temps.
J’en ai profité pour faire une inspection de tout le mât et Navy un peu inquiet est venu sur la bôme observer les opérations. 

A très bientôt 

Francis et Navy
Alizés 2 depuis le haut du mât

Réparation de la trinquette sur le pont avant

Navy en surveillance sur la bôme


mardi 23 octobre 2018

Suite de l'intervention pour Loïc


Bonjour à toutes et à tous,

Le lundi après midi le comité de course de la GGR, en conformité avec les secours australiens, m’avait confirmé que le cargo arriverait avant moi sur zone vers 17h UTC et qu’il attendrait mon arrivée n’étant pas certain de faire l’opération de transfert si la mer est difficile. 

Je continue donc ma route vers Loïc, je mets le moteur en marche exceptionnellement faute de vent pendant 6h afin de me permettre d’arrivée à l’heure estimée entre 2 et 4 h UTC le mardi matin.

J’avais envoyé différents messages à Loïc dans la nuit de lundi à mardi pour lui préciser ma proximité mais je n’ai pas eu de retour et les services de secours ne me communiquaient plus sa position qu’ils faisaient jusqu’à maintenant toutes les 2 h.

Mardi à 2h15 Loïc me contacte par VHF pour m’indiquer qu’il est à bord du cargo en direction des Canaries, que l’opération  de transfert s’est déroulée vers 1h du matin, qu’elle n’a pas été facile, son voilier est venu cogné  brutalement le cargo dans la manœuvre.

Il me précise qu’il a laissé des vannes ouvertes pour faciliter le naufrage rapide de son bateau et éviter une épave flottante.

Laaland, bateau de Loïc au moment du sauvetage

Loïc est sain et sauf, c’est l’essentiel et j’espère que nous aurons le plaisir de nous voir en France.

A 2h30, l’organisation de la GGR en la personne de son responsable M.Don Mc Intyre  me contacte pour me remercier chaleureusement de ma collaboration aux difficultés de Loïc.

De cette fin heureuse il ne me reste qu’à prendre la route vers la Tasmanie et continuer ce périple avec ses péripéties.  

Pour finir le sujet, j’ai remercié par écrit l’organisation de la GGR par rapport aux articles démontrant mon implication, c’est pour moi une forme de publicité favorable à la recherche contre le cancer et par la même occasion c’est de démontrer qu'il y a une vie  après un lourd traitement.

Par ailleurs, je suis content de faire ce périple dans le contexte de la Longue Route ou l’esprit de Bernard Moitessier me convient parfaitement. 

Merci à ma fille Elodie qui m’a servi d’interprète avec les secours australiens 


Francis et Navy


lundi 22 octobre 2018

Intervention pour Loïc Lepage

Bonjour à toutes et à tous,

Mes écrits concernent l’intervention auprès de Loïc Lepage participant de la GGR à la demande des secours australiens. 

Mon récit se fait en heure UTC (temps universel coordonné).
A 21h37 je reçois un mail de d’Olvier Merbau organisateur de la Longue Route me demandant si je peux porter assistance à Loïc et de me mettre en rapport avec le MRCC Australien (organisation des secours) puisque nous sommes à 700 m de leurs cotes.

Je fais une étude rapide de la météo pour aller sur zone ; je possédais déjà la position de Loïc. En effet, Sail Cloud, notre tracking nous envoie tous les 3 jours les positions des participants de la Longue Route et de la GGR.
Donc mon logiciel de navigation détient toutes les positions afin de connaître les évolutions de chacun et ma fille Elodie me transmet régulièrement les informations de la GGR.

Je communique un mail à la MRCC australienne en confirmant mon souhait d’intervenir auprès de Loïc, je confirme aussi mon implication par téléphone au comité de course de la GGR.
J’appends que Loïc à démâté et qu’il est confronté à une importante voie d’eau l’ayant obligé à déclencher sa balise de détresse.

Je demande à Élodie d’affiner l’étude météo et le routage jusqu’à Loïc sachant qu’il y a 270m de distance entre nous, soit 500 km.

J’ai des réparations importantes à faire sur mon hydrogénérateur, casse d’une tige filetée à l’intérieur du corps de ce HG.
Dans l’attente du feu vert du MRCC Autralien je m’active à réparer mon HG dans une houle de 5m, peu favorable à faire cette opération en principe prévue dans une période plus calme mais là il fallait agir rapidement et efficacement.
A 5h,  après quelques autres échanges avec le comité de course de la GGR et du MRCC, j’ai le feu vert  pour intervenir auprès de Loïc.

A 5h45, réparation du HG effectuée je prends un cap direct pour rejoindre Loïc.
Les conditions météo ne sont pas idéales, le vent est entre  25 et 30n et les vagues entre 5 et 6m, je les affronte de travers, je rappelle que Loïc a démâté avec un vent de 25n et des vagues de 3m.

Grosses conditions météo
Néanmoins si le vent ne dépasse pas 25n,  les déferlantes sont moins fréquentes, je sais que tout cela va diminuer en descendant depuis ma latitude 35°21’à la latitude 39°, position de Loïc.

En tant normal  j’aurai appréhendé ces conditions météo, Alizés II est couché de temps en temps avec les pieds des balcons dans l’eau mais sans conséquence.
Je reste serein, sans inquiétudes, comme quoi, nous sommes en mesure d’analyser les choses différemment suivant notre état d’esprit.

J’ai accepté cette mission, mesuré les risques, je n’avais pas à me plaindre et il fallait surtout que je rassure mes proches.
En soirée les vagues sont passées à 4m et le vent a un peu diminué sans aller au delà des 24n, par contre l’allure est devenue un prés serré avec vent et vagues de face, rien de dangereux, c’est tout simplement désagréable de sauter régulièrement dans les vagues et je plains Alizés II de cette situation.

Alizés 2 chahuté dans la houle
Dans l’après-midi, ayant un anglais restreint, je demande à Elodie de prendre contact avec les secours Australiens pour leur demander si ils ont prévu d’autres mesures d’interventions et de me communiquer le numéro de téléphone satellite de Loïc.

Ces derniers répondent qu’ils comptent  sur moi et j’obtiens le numéro de Loïc.
Après lui avoir envoyé un message, j’ai une discussion avec lui (il est en relation avec les secours français) et m’informe du déroutage d’un cargo dans sa zone qui arriverait mardi matin.

Élodie reprend contact avec les secours Australiens pour demander si mon intervention est toujours justifiée et elle a confirmation que je dois être présent compte tenu que c’est un énorme cargo (270m de long, 45m de large) où le transfert n’est peut-être pas réalisable.
Dans la foulée j’ai confirmé à Loïc ma présence auprès de son bateau et en repartirai une fois les opérations de sauvetage effectuées.

Il est même possible que le cargo récupère Loïc avant mon arrivée, puisque en fonction des vents je ne serai sur zone que vers 2 à 4 h du matin mardi. 

J’ai parcouru 13000 m soit 24000 km, presque la moitié en 108 jours de mer et Navy se porte à merveilles.

Navy à son poste d'observation


A très bientôt

Francis et Navy