jeudi 3 janvier 2019

Nouvelle année 2019 dans le Pacifique

Bonjour à toutes et à tous,
Bonne année 2019, je vous  souhaite la santé et le bonheur à toutes et à tous,

Je manquais de courage pour écrire après notre départ de la Nouvelle Zélande, arrêt dont je me souviendrai longtemps.

Navy a repris ces petites habitudes, il ne semble pas éprouvé par sa quarantaine  rocambolesque, il va fréquemment dans la cage de transport offert par Barry, encore un immense merci à tous ces services très utiles dans nos difficultés.

Baby lové sur le dessus de la voile
Nous sommes partis le 18 décembre de Otago Yacht Club, nous avons affronté notre première dépression et au lieu de la subir tout la long de son passage, nous l’avons abordé en sens inverse, cela avait le mérite de l’affronter que 8h au lieu de 16 à 24h. 

AlizésII en sortie du chenal vers le large
Petit bémol, nous avons fait un peu de marche arrière et ceux qui nous suivent  étaient surpris de notre parcours.
A part ce tracé en forme de huit ou de bonhomme de neige, c’est plutôt calme, nous avons des journées très ensoleillées, par contre les températures commencent à descendre en soirée et en matinée.
C’est toujours un immense plaisir d’observer Alizés II tracer son sillon avec sa belle étrave.

Déjà 15 jours de mer depuis cet arrêt en Nouvelle Zélande et 1890 mn soit 3500 km de parcourus .
Nous avons 4000 mn soit 7400 km pour arriver au Cap Horn à la latitude 56° ,  il nous faut si tout va bien 37 jours de navigation pour l’atteindre et nous allons descendre au  47° avant samedi pour ne pas subir une grosse dépression remontant du sud.

Nous avons appris que Suzanne Hubert Curphey seule femme encore en mer de la Longue Route a décidé de suivre le même  parcours que Bernard Moitessier et elle va repasser prochainement le Cap de Bonne Espérance.
Suzanne est vraiment une femme d’exception dans ce monde de marins, bravo encore pour cette prouesse.
Cette idée de continuer doit effleurer l’esprit de certains et plus nous avançons du Cap Horn et plus nous avons envie de naviguer, de profiter de cette osmose, dommage que mes voiles ne puissent pas continuer et j’ai des proches qui me manquent.

Donc je reviendrai en France avec la peur de retrouver la civilisation.
J’utilise le mot peur uniquement pour ce retour, en mer, elle n’a pas sa place, il suffit juste d’avoir de la réactivité réfléchie face au danger.

Le moral va bien et le physique s’améliore, j’ai fait le plein de petites choses à grignoter entre les repas.

Nous avons fêter Noël et la nouvelle année dignement avec  Navy en améliorant l’ordinaire.
 
Navy avec moi
Au moment ou je vous écris, nous sortons d’une pétole de 10h et le vent revient peu à peu.
Aujourd’hui 2 janvier j’ai parcouru 19384 mn soit 35900 km pour 161 jours de mer et il reste un peu plus de 3 mois encore avant l’arrivée.
Ma position actuelle dans le Pacifique est: 45°25’ Sud et 155° 48’ Ouest.

Merci à tous ceux qui ont fait des dons pour la Ligue contre le cancer via mon blog.  

A très bientôt    
Francis et Navy 

samedi 8 décembre 2018

Arrêt en Nouvelle Zélande

Bonjour à toutes et à tous, 

Me voici en Nouvelle-Zélande depuis le 2 décembre pour un problème initial de voiles endommagées. 

La position du bateau est: 45°48’ Sud et 170° 37’Est 

J’ai eu une remontée de l’île Stewart à Port Chalmers très éprouvante et la fatigue a provoqué une rencontre avec la falaise.

J'ai parcouru en allure de prés 880 m pour une route théorique de 170 m, soit en kilomètres 1630 km pour 315 km théoriques  
trou dans l'étrave 
Je me suis retrouvé avec une voie d’eau de 100 litres par heure en bout d’étrave, après quelques heures d’attente au niveau du chenal d’accès à port Chalmers, les autorités ont finalement accepté mon entrée. 

Néanmoins, Fanch et Barry le responsable du Yacht Club de Otago sont venus au début du chenal me fournir une cage pour Navy. 

Arrivé à port Chalmers le service MPI, ministère de l’agriculture, a mis Navy en quarantaine dans sa cage avec des scellés pour ne pas y avoir accès. 

Le mardi 4 décembre, Alizés II a été être mis au sec à l’aide d’une grue mobile de 55 t pour la réparation de la voie d’eau et Navy a intégré les bureaux de la MPI à Dunedin. 

Alizés II lors du grutage 
Je vais voir mon pauvre Navy une fois par jour pour le soigner, il est toujours enfermé dans sa cage, il ne manifeste aucune agressivité, il est très calme contrairement à moi et j’ai les larmes à le voir dans ses conditions d’hébergement.


Navy en quarantaine
Ce périple comporte beaucoup d’épreuves et la quarantaine de Navy est la plus importante. 

La réparation du bateau doit se terminer mercredi avec une mise à l’eau en suivant et j’intégrerai avec Alizés II le Yacht Club d’Otago à proximité de mon ami Fanch qui m’héberge pendant les travaux. 

Les deux ports sont distants de 15 km et je prends le bus tous les jours afin d’en profiter pour faire des bricoles sur Alizées II et suivre l’évolution des travaux .




Les voiles doivent se réparer à partir du 8 décembre à Otago.

J’ai toujours le moral, j’ai hâte de repartir avec mon Navy, il est impératif que ma condition physique s’améliore, j’ai perdu du poids et il doit se situer entre 60 et 65 kg pour un poids de forme de 75 kg. 

J’ai aussi un problème d’ongles à soigner, ils blanchissent dans un premier temps et noircissent par la suite 

Je ne manque pas de nourriture sauf des gâteaux pour les grignotages entre les repas et cette escale va permettre de faire le plein jusqu’à l’arrivée. 

Je suis particulièrement remonté contre les agissements démesurés du service MPI, cependant les gens sont particulièrement gentils et Barry le responsable du Yacht Club d’Otago est une crème, il est toujours disponible pour nous. 

Depuis mon arrivée, il y a eu plusieurs réactions de personnes par rapport au manque d’assistance au plus fort des conditions météo quand j’étais à proximité du port de Bluff, un arrêt d’une nuit dans ce port aurait atténué la fatigue et permis de repartir dans des conditions plus calmes évitant le contact contre la falaise. 

Depuis les autorités se confondent en excuses mais le mal est fait.

Lundi, soit demain une reportage télé doit se faire pour raconter mes péripéties. 

Sinon, j’ai suivi avec attention le sauvetage de Susie Goodall, concurrente de la GGR et je suis profondément peiné de son abandon et je lui souhaite beaucoup de courage après cette terrible épreuve. 

Par ailleurs, nous avons fait la connaissance d’un russe aventurier à Chalmers, Fedor Konyukhov, partant pour un tour du monde à la rame sur 3 ans, il est parti jeudi vers sa première étape au Cap Horn, nous allons le suivre et le dépasser ce qui peut lui apporter une éventuelle aide de notre part si il est en difficulté. 

Fedor à son départ pour le Cap Horn
Fedor qui est aussi un artiste dans son pays, nous a remis une Icône de sa création représentant St Nicolas protecteur des marins dans l'église Orthodoxe tenant d'une main le Cap Horn et de l'autre un voilier.

Icône de Fedor 


A très bientôt à toutes et à tous 

mardi 4 décembre 2018

Traversée de l'océan indien et arrêt en Nouvelle Zélande

Bonjour à toutes et à tous,

Le début de l’océan indien fut incertain, des problèmes techniques étaient menaçants au niveau du pilote automatique et du régulateur d’allure, le froid faisait son apparition et le peu d’enthousiasme pour la recherche contre le cancer m’avaient incité à faire un arrêt à Cape Town puis je me ravisé pour me lancer dans cet immense océan.

Les dépressions étaient au rendez-vous, j’ai pu les contourner sachant qu’elles faisaient des dégâts sur des concurrents de la GGR dont le dernier était Loïc Lepage.

Un petit arrêt en Tasmanie avec Fanch s’imposa à cause de mon génois endommagé, malheureusement, le génois de secours n’a tenu que 4 jours et a commencé à se déchirer à son tour, l’entreprise qui l’avait révisé avait du faire trop de coutures (boutade).

Un arrêt en Nouvelle Zélande s’imposa impérativement pour réparer les voiles, à l’approche de ce pays, l’orientation des vents commença à changer au point de les avoir de face ainsi que les vagues.

A l'approche de l’île Stewart, j’ai sérieusement zigzagué pour ne pas subir des vents de plus de 35 n, à proximité de l’île, j’ai fait une plongée pour vérifier l’arbre d’hélice à cause d’une raisonnance nouvelle, puis je suis passé entre cette île et la Nouvelle Zélande ou la météo c’est détériorée.

I’abonnement au force 7 a commencé le samedi 24 novembre puis le 28 ça devient du force 8 jusqu’à force 9.

Le force 7 est revenu le 29 et 30, de telles conditions sont parfaitement gérables par vents arrières , malheureusement pour moi j’avais le vent, les vagues de face et c’est une lutte permanente contre les éléments obligeant de tirer des bords continuellement.

Dans le force 8 à 9 je demande au port le plus près, celui de Bluff, la possibilité d’un mouillage pour la nuit, cette demande est refusée au prétexte que je n’étais pas dans un extrême danger. 

J‘avais mis le bateau à la cape pour mieux appréhender la situation, pour les néophytes de la voile, cela consiste à mettre les voiles et le safran dans une certaine position pour ne plus subir avec violence le vent et les vagues, cependant le bateau dérivait dangereusement vers des rochers .

Néanmoins, je n’avais pas le choix, il fallait continuer à remonter la Nouvelle Zélande Sud au prés serré, à tirer des bords en permanence avec grand voile au troisième ris et la trinquette.

Pour faire une avancée dans la direction de la destination je faisais 4 fois le parcours, je ne dormais que 2 h par 24h.

Je m’étonnais de mes capacités physiques et me disais finalement que je pouvais encore repousser les limites.

Le samedi matin premier décembre à 6h fût pour l’instant la pire journée de ce périple, dans la nuit j’avais mis le réveil espérant dormir 2h avant un quelconque danger, or le réveil sonna, j’étais comateux et empêtré dans un lourd sommeil ou la sonnerie semblait lointaine.

Par contre, un violent soubresaut d’Alizés II m’expulsa du lit et je découvre avec stupeur que la proue du bateau est face à une falaise de 30 m de haut et des chocs avec la roche se succèdent.

Je fais une grande marche arrière au moteur pour m’extirper de cette situation invraisemblable.

En faisant une inspection sous les planchers à l’avant de la cabine je constate une entrée d’eau , je positionne une pompe électrique rapidement, je quantifie une voie d’eau de 100l par heure et je dois actionner la pompe toutes les 8 minutes.

Je me trouve à 7 m nautiques de l’entrée du chenal menant à ma destination prévue le lendemain au port de Chalmers, heureusement avec l’intervention de Fanch et de Barry le responsable de la marina de Otago les autorités m’ont autorisé à emprunter le chenal.

Fanch et Barry sont venus en Zodiac m’accompagner et me porter une cage, Navy devait se trouver à l’intérieur enfermé dans une cabine avant l’arrivée des autorités au port de Chalmers.

J’avais au préalable longuement échangé par mail avec les autorités sur les conditions de détention de Navy puisque n’étant pas vacciné contre la rage dans les 40 jours avant notre arrivée c’était la quarantaine obligée.

A quai, les autorités viennent vérifier les éventuelles denrées périssables et surtout donner les consignes contre mon chat pestiféré.

Il a une grande cage métallique prêtée par une membre de la marina d’Otago, la litière, la nourriture et l’eau doivent se trouver à l’intérieur, des scellés sont mis sur le porte de la cage et sur la porte de la cabine ou se trouve Navy.

Le renouvellement litière et nourriture ne peux se faire qu’en présence des autorités, une fois par jour. 

Je dois payer tous les frais de déplacements des autorités estimés sur 12 jours à 1200 €.

Si je ne respecte pas les consignes je suis passible d’une amende de 31000 €.

Il est prévu de sortir le bateau de l’eau pour réparer le bas de la proue endommagée dont l’entrée d’eau est minime à l’arrêt et les voiles vont être déposées pour réparation. 

Avant la sortie du bateau de l'eau par une grue mobile une équipe de journalistes du journal local est venu faire une interview ci dessous. 

Interview avec la presse à port Chalmers  

Mon accident à la cote a déclenché beaucoup de réactions dans le pays, en effet, les gens ne comprennent pas le refus des autorités à m'avoir interdit l’accès au port de Bluff au pire de la tempête.

Il est évident qu'une nuit au calme dans ce port aurait permis le repos et une poursuite de la remontée dans une mer moins difficile.

Les autorités reconnaissent leur erreur et prétendent se remettre en question si cela vient à se reproduire avec un voilier de passage en difficultés. 

Je viens de connaître une période très difficile, cependant j’ai l’immense joie d’avoir un troisième petit fils depuis le 25 novembre appelé Axel dont les parents Elodie et Vincent sont adorables.

Le papy aura matière à lui raconter avec plaisir ses aventures maritimes lors de sa naissance dans quelques mois. 

A très bientôt à toutes et à tous 


























lundi 19 novembre 2018

Solidarité et Fraternité


Bonjour à toutes et à tous

Je tiens à insister sur ces deux valeurs, elles symbolisent des décisions prisent avant le départ.
Au début de mon inscription en février 2017, nous avions décidé avec mon ami Fanch de faire ce périple en s’aidant mutuellement dans le partage des informations météo, du routage et surtout l’entraide dans les difficultés.
Nous nous connaissions déjà au sein de Voiles Sans Frontières, ONG intervenant pour des missions de solidarité au Sénégal, nous avons participé l’un comme l’autre à des interventions dans le Siné Saloum avec nos bateaux et parfois sans nos fidèles compagnons des mers.

La fraternité, union et amitié fraternelle, liaison étroite permettant de se traiter comme des frères, nous a permis de nous accorder à cette aide mutuelle ou les premiers petits problèmes sont intervenus au Crouesty et avons attendu de tout régler pour partir ensemble de ce port.

Nous échangeons tous les jours sur la météo, les conditions de routage, les diverses informations connues par l’un ou par l’autre et ma fille Elodie fait aussi le lien avec Fanch sur les dépressions, diverses infos et nous avons été gâtes dans l’océan Indien.
Cette solidarité nous a permis un premier arrêt au Cap Vert pour des problèmes techniques sur Alizés II, puis un deuxième au Brésil concernant des avaries sur Chanik, le bateau de Fanch.

Des problèmes de voiles m’ont contraint à un arrêt en Tasmanie et nous allons devoir faire encore un arrêt en Nouvelle Zélande puisque le génois de secours ne tient pas le choc et il commence à se déchirer, pourtant il avait été révisé avant le départ.
Nous allons trouver un port et un bon professionnel pour remettre ces génois en état et continuer la route sans ces problèmes récurrents de ces derniers jours.
Nous avions affalé la trinquette en Tasmanie, je lui fais des coutures quotidiennement et je pensais la remettre par temps calme.
Or nous sommes proches de la Nouvelle Zélande et la météo est difficile depuis deux jours et cette nuit et demain seront peut-être nos pires moments de navigation de l’océan Indien.

Nous allons avoir des rafales à 45n soit 84 km/h, des vagues de plus de 5m et le plus compliqué c’est d’avoir ces conditions de face.
De plus une grosse dépression s'annonce l'une des plus sévères nous barre la route, nous attendront donc un peu avant de nous lancer dans le Pacifique !

Une fois de plus j’ai sollicité Elodie pour qu’elle nous trouve un endroit pas trop éloigné de notre route pour faire escale avec Fanch.

Je n’avais pas eu le temps de transmettre certaines photos sur le dernier article, celle de dessous représente les anatifes d’une quinzaine de centimètres collés surtout en partie arrière de nos bateaux décapés par Fanch en Tasmanie. Nous aurions pu les consommer en salade mais pas sûr de la qualité gustative avec le produit de protection de coque à proximité.

Anatifes récupérés sur la coque

Mon arrêt en Nouvelle Zélande risque d’être compliqué vis à vis de Navy. Les autorités sont très pointilleuses sur le suivi médical de l’animal et il n’est pas vacciné contre la rage puisqu’il fallait le faire dans les quarante jours avant notre arrivée et l’arrêt de force majeur n’était pas prévu.
Heureusement, Fanch maîtrise mieux que moi l’anglais et les échanges vont être nécessaires pour s’éviter si possible la mise en quarantaine de Navy.

Fanch sur son bateau au départ de la Tasmanie

Notre escale ne dépend que du délai de réparation des voiles par le professionnel.
Sinon à bord, les températures descendent, le matin il fait 13 à 14° à l’intérieur et à l’extérieur elle est en moyenne de 12°.
Etant sensible du froid, c’est collant, pantalon de ski, sous-vêtements chauds, polaire et veste de quart avec le bonnet de temps en temps.

Francis à la table à carte

Navy va toujours bien, il se protège du froid et du roulis en se mettant sous la couette ou sous le duvet.

Navy sous la couette
En conclusion de cet article, j’estime que nous avons une énorme chance d’avoir de tels partages avec Fanch, c’est aussi une particularité de cette Longue Route et une leçon de vie à nous tous et plus encore aux terriens qui prennent de la distance avec ces valeurs.

Position du jour  : 45 44S et 161 33E
Distance depuis le départ : 16108m soit 29830 km et 134 jours de mer  


A très bientôt à toutes et à tous
Francis et Navy

lundi 12 novembre 2018

Détérioration du génois et arrêt en Tasmanie


Bonjour  à toutes et à tous,


L’article est consacré à la détérioration du génois, grande voile d’avant sur enrouleur ayant entraîné un arrêt en Tasmanie.


Rappel des faits:  

Nous sommes le 06/11/2018, à 350 m soit 650 km du bas de la Tasmanie, une dépression prévue arrive en début de matinée, il est 23h UTC (avons 10h de décalage avec la France), le vent commence à monter, le baromètre dégringole à 998 hPa.
Je suis au portant, vent arrière à 150° sur génois uniquement déjà réduit à un équivalent de 2 ris et je m’apprête à l’enrouler complètement pour le remplacer par la trinquette également sur enrouleur.
Au moment où je commence à manipuler le winch, une rafale de plus de 40n vient s’engouffrer dans le génois, tendre très sérieusement l’écoute bâbord (bout permettant de le tenir tendu depuis le cockpit), cette écoute devient soudainement libre et je vois partir le génois sur l’avant claquant violemment et lors de l’enroulement de la voile je constate avec stupeur qu’il est déchiré sur 3 m depuis le point d’écoute.
Dans la panique générale, la voile s’enroule mal, une poche se forme en hauteur.
J’envoie un peu de trinquette pour donner de la stabilité, il commence à pleuvoir violemment et au fur et à mesure des minutes la poche du génois prend de l’ampleur et ses claquements donnent de grands soubresauts au bateau.
Je tente d’utiliser la drisse du spi pour l’enrouler autour du génois afin de réduire cette poche, malheureusement, la dépression est arrivée, le vent établi est de 30n avec rafales à 40n.
La mer est formée et les vagues font plus de 6m sous les rafales, imaginez moi à la proue du bateau au pied de l’enrouleur à vouloir faire plusieurs tours avec une drisse de spi.
Je pense faire plusieurs tour aussi à l’enrouleur pour réduire cette poche, les claquements sont intenses, l’ensemble de l’enrouleur bouge énormément sous les rafales.
Nous sommes couchés deux fois à la limite des barres de flèche par des déferlantes. Résultat de l’opération, je n’arrive pas à réduire la poche du génois et j’ai coincé sérieusement l’enrouleur.
Je passe un moment infini à retirer la drisse de spi qui reste un peu coincée en haut et je reprends toute la drosse de l’enrouleur afin de faire une manœuvre de dernière chance, c’est à dire de dérouler le génois et de l’enrouler sous tension.
Lors de cette manipulation, je dois aussi manœuvrer avec la drisse de spi qui se bloque par moment et  empêche la rotation du tambour.
Ayant déroulé et enroulé le génois sous tension, j’ai réussi à supprimer la poche et l’enrouleur est stabilisé.
Toutes ces opérations ont duré 4h, je voyais les déferlantes arrivées, des murs de vagues gigantesques, évidemment c’était plus impressionnant que d’habitude étant sur le pont attaché.
Je dois  trouver un endroit calme pour remplacer le génois, prendre celui de secours, l’arrêt en principe est prévu en Tasmanie à Dover.


Conditions après la tempête plus de génois mais trinquette.

                                                



Fanch a pris la décision de m’accompagner pour m’aider, Elodie nous a trouvé cet endroit ou nous serons au mouillage sans descendre à terre. 




L’origine de cette avarie provient d’une négligence de ma part, en effet, le nœud de l’écoute a niveau de la voile a glissé au point de se défaire, un contrôle plus sérieux aurait éviter de se retrouver avec une voile déchirée en espérant que les tubes de l’enrouleur et l’étai ne sont pas endommagés.
J’ai eu mal pour Alizés II, je pensais un moment ne pas pouvoir trouver de solution avant un apaisement de la météo.
Je suis rentré dans le bateau transi de froid en n’ayant pas mangé et il m’a fallu 2 h pour me réchauffer et retrouver un peu de sérénité .
La dépression est passée et j’ai réussi à limiter les dégâts, j’ai mis la trinquette dont la voile est légèrement endommagée par la déchirure du génois, ce fût une dure journée.




Arrêt en Tasmanie  
Le 10/11/2018, à 6h UTC du matin j’arrive à Dover en Tasmanie accompagné des dauphins, Fanch est déjà présent au mouillage depuis 42h ayant eu une avance de 200 mn sur moi.



Comité d’accueil en Tasmanie 


Le lendemain matin, nous déposons le génois déchiré.

Génois déchiré


                                              

Je fais une inspection de tout l’enrouleur du génois depuis le haut du mât



Port Espérance, Dover




L’enrouleur et l’étai n’ont pas d’anomalie apparente
Je remplace juste 2 rivets sur la ferrure de l’étai de trinquette au niveau du mât



La trinquette est déposée et je constate que la bande UV est endommagée sur 5 m, il faut faire de la couture, je dois y consacrer de nombreuses heures pour le faire, elle est donc remisée dans la cabine avant et je ferai l’intervention en mer.



J’en profite pour remplacer une vanne sur le vérin du pilote automatique et vérifier les charbons du moteur électrique.



Je découvre que mes coffres latéraux de cockpit sont plein d’eau de mer, je ne les avais pas ouvert depuis plusieurs jours et ils ont été remplis lors de déferlantes venues envahir complètement le cockpit  dans les deux dernières dépressions. 



Je rééquilibre les pales de l’éolienne et Fanch décide de gratter les coques des 2 bateaux pour enlever les anatifes de plus de 15 cm biens collés dans la partie arrière de la coque. 



Je le remercie beaucoup d’avoir fait cette opération dans une eau de 13° dont je ne souhaitais pas affronter le froid.



Fanch en plein nettoyage de Chanik



Après une étude météo nous avons décidé de partir le 12 à 19h UTC afin de se trouver juste derrière une dépression et nous serons au niveau de la Nouvelle Zélande le dimanche 18 novembre.



Nous avons profité de cet arrêt pour fêter dignement à la la fois le passage du Cap Leeuwin et la moitié du parcours.



Par ailleurs, cet arrêt nous a fait du bien même si nous ne sommes pas aller à terre, nous avons profité de repos et nos sommes ressourcer pour finir  ce périple.    



Nous sommes à la position 43°19’ Sud et 147°01’ Est et avons parcouru 15380 m soit 28484 km  depuis le Bono.



Nous en terminerons avec l’océan Indien à partir de la Nouvelle Zélande et allons découvrir le Pacifique en espérant d’avoir un peu moins de dépressions. 



A très bientôt à toutes et à tous   



Francis et Navy                                    

lundi 5 novembre 2018

Nourriture sur une durée de 7 à 8 mois de mer


Bonjour  à toutes et à tous,

L’article est consacré à la nourriture. Il n’a pas été facile d’estimer la quantité  sur la durée de la navigation estimée entre 7 à 8 mois de mer.
Un casse tête s’est vite imposé avant le départ, lyophilisé ou pas et voir la quantité à prévoir avec ce type de plat.

Une étude préalable prévoyait 600 repas sachant que dans le grand Sud le besoin de calories est supérieur à cause du froid.

J’ai visité la société Lyophilisé.fr à Lorient, la responsable a été de très bons conseils étant les fournisseurs principaux des grandes courses comme le Vendée Globe.
Avant une éventuelle grande commande, j’ai acheté une douzaine de plats, une telle nourriture à la base représente peu de poids et elle est vite préparée, un peu d’eau chaude versée dans le sachet et  la consommation se fait quelques minutes après.
J’ai donc testé, j’ai trouvé les viandes et les poissons dans leur garnitures trop secs, le problème ne provient pas du produit par lui même, c’est surtout moi qui ai un handicap, en effet, la radiothérapie au niveau de la gorge a altéré très sérieusement des glandes salivaires et j’ai perdu par la même occasion des bridges.

Donc, la difficulté de mastication  et l’absence de salive m’obliger de manger des aliments tendres et très humides.
J’ai décidé de renoncer aux produits lyophilisés à part quelques  pâtes aromatisées.

J’ai emmené beaucoup de conserves avec une préférence pour la choucroute, j’ai quelques bocaux faits maison plus précisément de Marie ma belle sœur qui m’a préparé également un jambon dans le sel et le poivre pendant des mois et je l’ai découpé et mis sous vide avant de partir.

Par mon amie Béni, d’origine espagnole, j’ai 10 poches de calamars de 600 gr à l’encre pouvant se conserver des mois ainsi que des boites de beurre pour mes tartines du matin.

Je prends plaisir à me préparer les repas avec les différentes garnitures dont les principales sont les pâtes (coquillettes) riz, semoule, purée, boulgour, quinoa, lentilles, perles, ratatouille, champignons de Paris, salsifis, haricots verts.
A ces garnitures j’y incorpore du jambon sous vide et en boite, calamars, sardines, maquereaux, saucisses, gésiers, langue de porc.

J‘avais mis dans le sel du porc et du bœuf, ces derniers ont été terminés au début de l’océan Indien. 
En conserves sans préparation, bien-sur, la choucroute accompagnée d’une bière, le cassoulet, les raviolis, petit salé, lentilles saucisses.

Pour les petits déjeuners, je fais un pain tous les 4 jours puisque en règle générale il n’est pas utile d’en manger surtout avec du riz et des pâtes et les tartines comprennent du beurre, du miel ou  de la confiture.
Le muesli est prévu pour les jours de forte houle.

Je fais des desserts, riz au lait, flans et puis  un petit bonheur, le chocolat avec petite tartine de pain.
C’est sec pour moi mais savoureux à déguster.

Nous avons eu la chance pour tous les participants de la Longue Route d’avoir eu une dotation gratuite de produits bio en chocolat et café par la Sté GRAIN de SAIL et du thé bio également par les Jardins GAÏA.

Pour fêter le passage des caps et les événements de fin d’années, j’ai du champagne et des boites de foie gras.

Pour déguster le thé et les chocolats chauds j’ai des variétés de gâteaux et de barres énergétiques.

En protéines, je prends des cachets de spiruline et des graines de Chia parsemées dans la nourriture.

Dans toute l’étude de cette quantité de nourriture n’était pas prévu la pêche et j’ai eu de la chance d’avoir des poissons de bonnes tailles, les derniers: un thon de 35kg et un autre de 25kg.
Le premier a été mis en grande partie dans le sel et l’autre partie dans du sous vide.
Le dernier a été mis exclusivement dans le sous vide que j’ai mangé cru avec sauce soja jusqu’au dernier sachet et c’était un pur délice.
J‘ai un tout petit appareil pour la mise sous vide de faible consommation d’énergie.

Je fais de la germination avec diverses graines afin d’avoir un peu de verdure.

Globalement, arrivé au 3/4 de l’océan Indien, j’ai consommé qu’une quarantaine de conserves en boites grâce à la pêche régulière dans l’Atlantique mais qui est quasiment inexistante dans le Sud.

Concernant l’eau, elle est produite par un petit dessalinisateur à faible énergie d’une capacité de 5,7 par heure et la consommation journalière est de 4 litres soit une production de 488 l depuis le départ et je récolte un peu d’eau de pluie par le four solaire.   

Le prochain article sera consacré au traitement de nos déchets.

Concernant nos conditions de navigation, nous avons subi une dépression de 2 jours avec rafales de  40n et une houle de 6m.
Un dilemme vient de se poser pour le passage de la Tasmanie, soit le faire par le Sud ou le Nord, en pareil cas c’est la météo qui est déterminante.

Par rapport à ma position du 03/11 j’allais me retrouver avec des mauvaises conditions dans le passage Nord les 10 et 11 novembre et j’ai pris la décision de passer par le Sud.
Un coup de vent arrive le 6 pour quelques heures et une houle de plus de 5 à 6 m va suivre, cette situation est probablement mieux gérable que par le Nord.
Néanmoins, les conditions sont très changeantes, il faut être très vigilant et Elodie me donnera les tendances à venir.

Le 04/11/2018 à 22h UTC soit 1h de moins que vous à la position 39°58’ Sud et 134°15’ Est,   j’ai 122 jours de navigation et parcouru 14600 m soit 27000 km.

Navy va très bien, il mange beaucoup, en majorité des croquettes variées, des petites boites de mousseline et des sachets de viandes et légumes.  


Sachets de thé les jardins de gaïa


Sources de protéines spiruline et chia

Pain maison

Tablette de chocolat et café grain de sail

Graines à germer
A très bientôt à toutes et à tous               



lundi 29 octobre 2018

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Certains banque vous enverrons un code pour valider le virement.


J'espère à que toutes ces informations vous aiderons à y voir plus clair.
Cependant si vous avez la moindre questions voici  l'adresse de Francis sur  laquelle vous pouvez les poser :

alizes2@iridium.net
Merci à tous