lundi 8 octobre 2018

Navigation et météo


Bonjour à toutes et à tous,


Je suis à la position 35°56’Sud et 63°510’ Est,  le 5 octobre 2018 et j’ai parcouru 10908 m depuis le départ de Bono soit 20200 km  dont 3800 km dans l’océan indien.  


Je consacre cet article à la navigation et à la météo, ces deux éléments sont indissociables sur tous les grands parcours et ils se justifient pleinement dans les mers du sud.


J’ai la chance d’avoir Elodie, une de mes filles pour faire du routage, gérer le blog et nous communiquons en permanence via un téléphone satellite Iridium GO.


Nous consacrons beaucoup de temps dans l’analyse de la météo, nous sommes confrontés régulièrement à des dépressions, nous avons eu la première avant le Cap de Bonne Espérance à une latitude très sud et avons commencé à faire connaissance avec les grains du grand sud.


Ces fameux grains sont d’une instabilité incroyable, le vent passe de 10 n à 30 n en très peu de temps avec des variations permanentes de direction du vent.


La deuxième dépression fût prise au niveau du Cap de Bonne Espérance, elle était assez violente, la houle croisée consécutive à la rencontre des deux océans s’est invitée à la fête avec 5 à 6 m de houle et des vents en rafales proche de 40n. 


Dans cette situation, nous avons la houle proche de la direction du vent, étant au portant, elle nous pousse et une autre de travers relativement dangereuse quand les vagues dépassent 6 m.


Ces vagues déferlent souvent et suivant leurs arrivées sur le bateau, elles nous couchent un peu ou elles viennent s’éclater sur nous avec une grande violence dans un bruit proche d’un coup de fusil.


Adapter la voilure en fonction de la force du vent est relativement gérable surtout que dans ces conditions la grand voile est affalée et je n‘ai que les voiles d’avant, génois et trinquette sur enrouleur à manipuler depuis le cockpit.


Les autres dépressions ont été moins sévères cependant nous avons toujours des houles croisées ou il faut prendre le meilleur cap pour ne pas se mettre en danger.


En résumé, il faut tenter d’éviter les vagues de plus de 6m, nous avons nos informations météo depuis des fichiers Grib téléchargés sur internet et l’on superpose les indications du vent et des vagues sur notre cartographie numérique.


Ces fichiers sont donner pour une marge d’erreur de 40%, par expérience elle est plus proche de 20%, par ailleurs, dans le grand Sud, plus nous descendons et plus les conditions s’amplifient.


Nous pouvons faire du routage, en fonction des indications météo et de la position du bateau, nous faisons plusieurs simulations de routes à l’aide d’un logiciel (le notre est Qtvlm) et au final nous choisissons le meilleur cap à tenir pour s’éviter au mieux les mauvaises conditions climatiques.  


Elodie à l’avantage d’avoir des fichiers volumineux couvant une large zone afin d’observer les futures dépressions qui vont nous rattraper sur notre route. 

Fichier Grib


Logiciel de routage Qvtlm


Les flèches à barbules nous indiquent le sens du vent et sa puissance en fonction des petits tirets à la queue de la barbule (un tiret complet est 10n) et les chiffres donnent la hauteur maximum des vagues.    


Les vents de la latitude des 40° sont surnommés les quarantièmes rugissants et à 50° les cinquantièmes hurlants, de tels termes en disent long sur les conditions climatiques.


A notre troisième dépression après le cap, à la latitude 40°, des vagues de 13 m et des vents proche de 50n étaient annoncés, il y a eu 2 démâtages sur les bateaux de la GGR dont 1 skipper de blessé.


Heureusement, nous avions pu anticiper la situation avec Elodie et je suis remonté à la latitude 34° pour ne pas subir cet enfer, les marins concernés à ces intempéries prétendent avoir eu des vagues de 15 m et des vents dépassant largement les 50 n.


D’où l’importance de connaître les tendances météo pour choisir la meilleur latitude possible, la Longue Route n’est pas une course, il est inutile de prendre des risques à vouloir bénéficier de vents plus forts et de réduire par la même occasion la distance en voulant se rapprocher de l’antarctique.


L’océan indien n’est pas réputé facile et ayant peu de vitesse nous sommes rattrapés par les dépressions qui tournent dans le sens horaire contrairement à l’hémisphère Nord.


Une dépression dure entre 2 à 3 jours puis, c’est une zone de calme, situation crispante de faire évoluer le bateau dans très peu de vent et quand celui s’inverse il est préférable de tout affaler pour attendre une stabilité venteuse. 


Nous avons fait plus de 20000 km sur les 50000 de prévus, tout va bien à bord pour l’instant compte tenu que j’arrive à régler les problèmes techniques au fur et à mesure, le dernier en date était une fuite d’huile sue le vérin du pilote automatique.


Navy est en forme, il dort toujours autant, il fait un peu la tête dans les dépressions ayant l’interdiction de sortir. 


Il vient de se trouver un nouvel endroit pour dormir contre l’unité de commande de ma grosse antenne qui diffuse un peu de chaleur.  

Navy dans sa nouvelle cachette


Coté nourriture qui sera un prochain article je viens de pêcher un thon de 25 kg, contrairement aux rumeurs, le poisson est présent dans le grand Sud, à priori ça doit se limiter au thon.        



A très bientôt à toutes et à tous 


Francis et Navy

2 commentaires:

  1. Heureuse de trouver de bonnes nouvelles... que ça continue comme ça, et c'est chouette que ta fille puisse t'aider de si près !

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  2. De si près en étant si loin ! Sylvie D.

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