mardi 4 décembre 2018

Traversée de l'océan indien et arrêt en Nouvelle Zélande

Bonjour à toutes et à tous,

Le début de l’océan indien fut incertain, des problèmes techniques étaient menaçants au niveau du pilote automatique et du régulateur d’allure, le froid faisait son apparition et le peu d’enthousiasme pour la recherche contre le cancer m’avaient incité à faire un arrêt à Cape Town puis je me ravisé pour me lancer dans cet immense océan.

Les dépressions étaient au rendez-vous, j’ai pu les contourner sachant qu’elles faisaient des dégâts sur des concurrents de la GGR dont le dernier était Loïc Lepage.

Un petit arrêt en Tasmanie avec Fanch s’imposa à cause de mon génois endommagé, malheureusement, le génois de secours n’a tenu que 4 jours et a commencé à se déchirer à son tour, l’entreprise qui l’avait révisé avait du faire trop de coutures (boutade).

Un arrêt en Nouvelle Zélande s’imposa impérativement pour réparer les voiles, à l’approche de ce pays, l’orientation des vents commença à changer au point de les avoir de face ainsi que les vagues.

A l'approche de l’île Stewart, j’ai sérieusement zigzagué pour ne pas subir des vents de plus de 35 n, à proximité de l’île, j’ai fait une plongée pour vérifier l’arbre d’hélice à cause d’une raisonnance nouvelle, puis je suis passé entre cette île et la Nouvelle Zélande ou la météo c’est détériorée.

I’abonnement au force 7 a commencé le samedi 24 novembre puis le 28 ça devient du force 8 jusqu’à force 9.

Le force 7 est revenu le 29 et 30, de telles conditions sont parfaitement gérables par vents arrières , malheureusement pour moi j’avais le vent, les vagues de face et c’est une lutte permanente contre les éléments obligeant de tirer des bords continuellement.

Dans le force 8 à 9 je demande au port le plus près, celui de Bluff, la possibilité d’un mouillage pour la nuit, cette demande est refusée au prétexte que je n’étais pas dans un extrême danger. 

J‘avais mis le bateau à la cape pour mieux appréhender la situation, pour les néophytes de la voile, cela consiste à mettre les voiles et le safran dans une certaine position pour ne plus subir avec violence le vent et les vagues, cependant le bateau dérivait dangereusement vers des rochers .

Néanmoins, je n’avais pas le choix, il fallait continuer à remonter la Nouvelle Zélande Sud au prés serré, à tirer des bords en permanence avec grand voile au troisième ris et la trinquette.

Pour faire une avancée dans la direction de la destination je faisais 4 fois le parcours, je ne dormais que 2 h par 24h.

Je m’étonnais de mes capacités physiques et me disais finalement que je pouvais encore repousser les limites.

Le samedi matin premier décembre à 6h fût pour l’instant la pire journée de ce périple, dans la nuit j’avais mis le réveil espérant dormir 2h avant un quelconque danger, or le réveil sonna, j’étais comateux et empêtré dans un lourd sommeil ou la sonnerie semblait lointaine.

Par contre, un violent soubresaut d’Alizés II m’expulsa du lit et je découvre avec stupeur que la proue du bateau est face à une falaise de 30 m de haut et des chocs avec la roche se succèdent.

Je fais une grande marche arrière au moteur pour m’extirper de cette situation invraisemblable.

En faisant une inspection sous les planchers à l’avant de la cabine je constate une entrée d’eau , je positionne une pompe électrique rapidement, je quantifie une voie d’eau de 100l par heure et je dois actionner la pompe toutes les 8 minutes.

Je me trouve à 7 m nautiques de l’entrée du chenal menant à ma destination prévue le lendemain au port de Chalmers, heureusement avec l’intervention de Fanch et de Barry le responsable de la marina de Otago les autorités m’ont autorisé à emprunter le chenal.

Fanch et Barry sont venus en Zodiac m’accompagner et me porter une cage, Navy devait se trouver à l’intérieur enfermé dans une cabine avant l’arrivée des autorités au port de Chalmers.

J’avais au préalable longuement échangé par mail avec les autorités sur les conditions de détention de Navy puisque n’étant pas vacciné contre la rage dans les 40 jours avant notre arrivée c’était la quarantaine obligée.

A quai, les autorités viennent vérifier les éventuelles denrées périssables et surtout donner les consignes contre mon chat pestiféré.

Il a une grande cage métallique prêtée par une membre de la marina d’Otago, la litière, la nourriture et l’eau doivent se trouver à l’intérieur, des scellés sont mis sur le porte de la cage et sur la porte de la cabine ou se trouve Navy.

Le renouvellement litière et nourriture ne peux se faire qu’en présence des autorités, une fois par jour. 

Je dois payer tous les frais de déplacements des autorités estimés sur 12 jours à 1200 €.

Si je ne respecte pas les consignes je suis passible d’une amende de 31000 €.

Il est prévu de sortir le bateau de l’eau pour réparer le bas de la proue endommagée dont l’entrée d’eau est minime à l’arrêt et les voiles vont être déposées pour réparation. 

Avant la sortie du bateau de l'eau par une grue mobile une équipe de journalistes du journal local est venu faire une interview ci dessous. 

Interview avec la presse à port Chalmers  

Mon accident à la cote a déclenché beaucoup de réactions dans le pays, en effet, les gens ne comprennent pas le refus des autorités à m'avoir interdit l’accès au port de Bluff au pire de la tempête.

Il est évident qu'une nuit au calme dans ce port aurait permis le repos et une poursuite de la remontée dans une mer moins difficile.

Les autorités reconnaissent leur erreur et prétendent se remettre en question si cela vient à se reproduire avec un voilier de passage en difficultés. 

Je viens de connaître une période très difficile, cependant j’ai l’immense joie d’avoir un troisième petit fils depuis le 25 novembre appelé Axel dont les parents Elodie et Vincent sont adorables.

Le papy aura matière à lui raconter avec plaisir ses aventures maritimes lors de sa naissance dans quelques mois. 

A très bientôt à toutes et à tous 


























5 commentaires:

  1. Courage aquel histoire😭😭😭😭😭

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  2. Bonjour Françis , je vous suis depuis quelques temps grâce à l’auph , c’est bien regrettable ce refus de ce mouillage cela aurait évité cette infortune de mer , vous souhaitant une escale agréable malgré les tracas administratives pour Navy , et que les réparations de la coque et des voiles vous permettront de pouvoir continuer avec votre ami Fanch cette longue route , cordialement , jc m .

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  3. Bonjour Francis
    En tant que copain de Fanch, je suis aussi votre aventure. Vos commentaires et photos sont les bienvenus. Juste une remarque sur les autorités sanitaires. J’ai passé deux mois en nz et outre le saucisson (par exemple) qui est interdit d’importer sous peine d’amende importante, ce pays est, avec raison très strict sur sa protection. J’ai pris le bateau de l’ile du sud à l’ile du nord, et avant d’embarquer, on a contrôlé nos chaussures car une algue invasive prolifère dans certaines rivières du sud, et il faut à tout prix qu’elle n’arrive dans le nord. C’est une contrainte tout à fait louable. Les nz sont des gens en effet charmants, mais il faut respecter les règles (ce qui n’est pas toujours le cas chez nous)
    Bon vent.
    Yves

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  4. Coucou ,j imagine que ce n'est pas facile pour toi d'être séparé de ton petit compagnon ton récit me donne également les larmes aux yeux ,j'espère que tu vas pouvoir vite repartir et que tu vas reprendre des forces avant le départ,heureusement que tu as ton ami Fanch. Ici aussi en France nous affrontons de grosses tempêtes,mais tu dois être au courant ,et c'est sûrement moins palpitant que tes aventures.Tes petits enfants auront beaucoup de chances d'écourter toutes les belles histoires que tu auras à leur raconter. Très bon courage à toi ,Fanch ,et Navy. Biz

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  5. Coucou ,j imagine que ce n'est pas facile pour toi d'être séparé de ton petit compagnon ton récit me donne également les larmes aux yeux ,j'espère que tu vas pouvoir vite repartir et que tu vas reprendre des forces avant le départ,heureusement que tu as ton ami Fanch. Ici aussi en France nous affrontons de grosses tempêtes,mais tu dois être au courant ,et c'est sûrement moins palpitant que tes aventures.Tes petits enfants auront beaucoup de chances d'écourter toutes les belles histoires que tu auras à leur raconter. Très bon courage à toi ,Fanch ,et Navy. Biz

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